C’est l’histoire d’un éveil spirituel qui ne se passe pas comme prévu…

éveil spirituel

L’éveil spirituel, c’est souvent l’histoire d’une recherche de la liberté suprême… Et c’est sans doute pour ça que ce “film spirituel” m’a ému, comme tant de spectateurs à la recherche de ce quelque chose de spirituel en nous qui dépasse tout ce qu’on peut en dire, cette force de vie incorruptible dont le mouvement peut nous entrainer au-delà de toutes nos limites, voire de toute raison.  😉

Il y a un quelque chose d’essentiel, de vital même, dans l’aventure peu ordinaire de ce garçon brillant et cultivé qui – à l’âge où beaucoup se conforment aux attentes de la société, en acceptant les règles du système – décide de tout quitter et de partir à la recherche de l’authenticité.

L’éveil spirituel, est-ce vraiment tout laisser derrière soi ?

En première analyse, il peut sembler courageux de se lancer ainsi dans un voyage spirituel. Cela fait naturellement écho dans le coeur de toutes celles et tous ceux qui, comme moi, ont un jour rêvé d’un ailleurs plus beau, plus juste, plus pur, plus vrai… 😀 Un écho dans le coeur de toutes celles et tous ceux qui ont un jour rêvé d’une herbe plus verte ailleurs. Et il me semble clair que à visée spirituelle ou pas, le voyage est – et restera toujours – une formidable initiation à l’autonomie et à la responsabilité. Ne dit-on pas à juste titre que voyager “forme la jeunesse” ?

En seconde analyse, l’évolution spirituelle peut parfois aussi éclore, à notre insu, dans le terreau de la souffrance. Il faut le reconnaitre. Et, dans le cas du héros, on comprend vite que le poids des relations parentales, l’hypocrisie éducative et le mensonge institutionnalisés ont, petit à petit, dégoûté puis révolté sa partie noble. Du coup, en aspirant à la simplicité des relations, à la vérité des échanges et à l’authenticité des actes, c’est rien de moins qu’une guérison spirituelle après laquelle court ce jeune homme… Car – personne ne me contredira – les relations humaines sont aussi la source de beaucoup de blessures et de souffrances ! 😥  Il n’en veut donc plus des relations humaines : il les trouve factices, décevantes, douloureuses, emprisonnantes, inauthentiques… Elles empêchent l’accomplissement de sa quête sincère de la liberté suprême et de l’éveil spirituel.

Mais toutes les pièces ont deux faces et, lorsqu’on ne suit aucun “guide spirituel”, on peut avoir de la peine à réaliser que tout ce qui brille n’est pas en or…  🙁 Ici, la face ‘brillante’ de la pièce, c’est celle qui semble motiver cette quête de l’éveil spirituel. C’est le refus, compréhensible, de tout ce qui fait indéniablement souffrir dans les relations humaines : les faux-semblants humains, les conventions hypocrites, les règles imposées par la culture, les modèles qui n’en sont pas, la langue de bois, les échanges malsains, les comportements traumatisants, etc. Or, qui n’a jamais, une fois où l’autre, été profondément blessé par l’attitude de quelqu’un d’aimé à qui il avait donné sa confiance ? C’est inévitable et personne, a priori, ne prend plaisir à souffrir.

De prime abord, l’idée de s’isoler pour vivre l’aventure spirituelle ultime, la quête de l’authenticité, semble donc séduisante… presque lumineuse ! Une partie de moi murmurait : “c’est vrai que c’est dur les relations humaines, j’aimerai bien, moi aussi, partir, m’isoler loin du Monde dans la Nature, à la recherche de l’illumination spirituelle…” Mais lorsque ce qui ressemble à une quête s’avère, en réalité, être une fuite, les motivations qui semblaient brillantes, au début, peuvent tout à coup révéler la face sombre de la pièce. Or, TOUT CE QUE L’ON FUIT NOUS POURSUIT et la Vie se charge de nous offrir encore et encore – jusqu’à ce que nous réalisions ce qui doit être conscientisé – toutes les opportunités pour faire face à nos propres démons. C’est ce que j’appelle ‘l’effet boomerang’ : tant que vous n’avez pas réglé le problème que vous vous évertuez à rejeter loin de vous, il se représentera à vous comme un boomerang.

Au cours de son voyage spirituel, ce jeune homme aura de nombreuses opportunités de recevoir l’amitié, la tendresse, l’amour ou le pardon qui manifestent l’autre face de la pièce des relations humaines. L’éveil spirituel, la prise de conscience de la nature de l’esprit, n’est jamais bien loin. Il est aussi proche de nous que le sont nos chakras. Mais nos propres croyances peuvent être tellement fortes et aveuglantes, particulièrement lorsqu’elles se sont construites sur des souffrances émotionnelles, qu’il est parfois très difficile de voir que le boomerang vient de nous revenir. Or, l’effet boomerang ne se produit ni derrière soi, ni devant soi. Il est l’indice du “combat spirituel” qui se produit EN SOI à un moment donné du chemin ; juste à la frontière entre l’aveuglement et l’éveil.

L’éveil spirituel est une réforme qui va de l’intérieur vers l’extérieur…

Sur mon chemin de vie, j’ai de nombreuses fois été chercher des réponses à l’extérieur de moi. Qui ne l’a pas fait ? 😉 Et il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre que je suis – tout autant que vous l’êtes – l’auteur, le metteur en scène et le spectateur de mes propres souffrances !

En fait, j’ai longtemps cru que la résolution de mes souffrances passerait par des évènements ponctuels, intenses et – avouons-le – douloureux, vécus auprès de tel ou tel ‘maitre à penser’. Du coup, j’ai fréquenté assidûment toutes sortes de “guides spirituels” dans des stages, séminaires, formations, conventions ou conférences. J’y ai régulièrement croisé des accros de l’évènement spirituel, c’est-à-dire des personnes pour qui le changement ne peut venir que d’une expérience intense, l’intensité étant le signe de l’authenticité. Certaines d’entre elles deviennent de véritables groupies événementielles, qui organisent toute leur vie autour de “moments forts”, dans l’espoir secret de vivre – enfin – l’instant magique, le ‘trip’, qui les transformera à jamais. 😥  Elles ne réalisent tout simplement pas que toute leur attention est orientée sur l’émotion. Or, j’ai coutume de dire que l’émotion doit se muer en conviction puis en engagement afin que la transformation soit authentique. 😉

Bref, très souvent, mes luttes spirituelles ont été teintées de l’esprit révolutionnaire, celui qui, sans tenir compte du bon côté des choses, détruit tout sur son passage, dans l’intention de reconstruire quelque chose d’entièrement neuf. Mes révolutions ont donc souvent été violentes, radicales, envers moi-même et, parfois, envers mes proches déboussolés par mes nouvelles revendications. 🙁  En prenant de la bouteille 😉 j’ai découvert que la souffrance n’est pas une condition indispensable au changement : la souffrance provient des changements inattendus, imposés par les circonstances extérieures. Tout détruire, y compris les bonnes choses, dans le but de tout reconstruire à la perfection, fut certainement une erreur de jeunesse.

À la révolution spirituelle, par nature violente, j’ai donc appris à préférer la réforme spirituelle, plus pacifique, plus intérieure, plus féminine. On ne peut pas ne pas changer. On ne se baigne jamais deux fois dans la même eau. Rien ne se créé, tout se transforme. Autant de principes qui me rappellent que le changement fait partie de la Nature. Et, certes, des modifications violentes se produisent parfois dans la Nature… Mais, j’ai choisi de voir la douceur maternelle qui se produit, par exemple, au rythme des saisons, imperceptiblement, heure après heure, semaine après semaine, mois après mois, dans un long processus ininterrompu de transformation silencieuse 😀

Et c’est là l’une de mes plus grandes découvertes : LE CHANGEMENT EST BIEN PLUS UN PROCESSUS QU’UN ÉVÈNEMENT. Les évènements ‘tripant’ et les moments forts peuvent certainement permettre des prises de conscience… que seul l’engagement personnel dans un processus quotidien de changement confirmera. Autrement dit, les transformations authentiques sont généralement l’aboutissement d’un long processus de changement qui va DE L’INTÉRIEUR VERS L’EXTÉRIEUR. 😉

Accepter la dualité des apparences pour trouver l’unité sous-jacente…

Cet engagement personnel dans un processus quotidien de changement spirituel ne peut perdurer que sur la base d’une solide motivation intérieure. Or, la nature de cette motivation a son importance : “tuer l’être factice en soi”, comme le souhaite le héros, peut A PRIORI sembler une bonne idée… Mais rien n’est moins sûr ! 🙁 “Le mal existe mais non pas sans le bien, comme l’ombre existe, mais non sans la lumière”, écrit Alfred de Musset.

La dualité ne fait-elle en effet pas partie de la nature de la réalité ? : haut et bas ; droite et gauche ; devant et derrière ; dessous et dessus ; intérieur et extérieur ; petit et grand ; loin et proche ; lumière et ombre ; droit et courbe ; aigu et grave ; salé et sucré ; solide et liquide ; rugueux et lisse ; vivant et inerte ; joie et tristesse ; amour et haine ; courage et peur ; admiration et mépris ; captivation et distraction ; jour et nuit ; chaud et froid ; blanc et noir ; anabolisme et catabolisme ; masculin et féminin ; acidité et alcalinité ;  etc.

En chemin vers l’éveil spirituel, il est tout aussi important de tenir compte du “bon” côté des choses que du “mauvais”. C’est d’autant plus important que les “bonnes” choses peuvent finalement s’avérer “mauvaises” et les “mauvaises” s’avérer “bonnes”. Au fond, nous ne savons pas grand chose du bon et du mauvais, qui ne sont en fait que des jugements de valeur sur des choses qui, le plus souvent, nous dépassent complètement : ce qui était anor(mal) il y a 100 ans est nor(mal) aujourd’hui et inversement, la maladie peut-être une occasion de donner un sens à sa vie, et la perte d’un être aimé l’opportunité de mûrir un peu plus. Sans plus débattre à ce sujet, je citerai simplement Théognis de Mégare (VIe s. av. JC) : “Tout mortel a fait du bien, tout mortel a fait du mal : nul ne peut se vanter d’être parfaitement sage”.

Il est donc clair qu’une spiritualité authentique embrasse TOUT ce qui EST, l’ombre comme la lumière, le mal comme le bien, l’être factice en soi comme l’être authentique, sans rien ajouter ni rien rejeter. 🙂 Au travers de l’éveil spirituel, ce qui semblait duel s’accorde et la diversité révèle l’unité sous-jacente du grand Tout. Autrement dit, le côté pile et le côté face sont les deux aspects complémentaires et indissociables d’une même pièce. Rejeter l’un ou l’autre des aspects de la réalité, c’est s’exposer à l’incomplétude, à l’illusion et… à l’effet boomerang décrit plus haut. 😉 En fait, ce qui nous différencie est aussi ce qui nous unit. C’est, selon moi, l’essence de l’intégration spirituelle.

La dualité produit une diversité au sein de laquelle se cache l’unité de toute chose. C’est cela que j’apprends à rechercher derrière le voile des apparences : là où j’ai longtemps vu l’opposition et la différence, je vois aujourd’hui l’harmonie et la complémentarité. Héraclite, philosophe contemporain d’Aristote dit ceci : “tout ce qui est, est en devenir et ce devenir, quoique harmonieux n’est point pacifique mais guerrier car chaque chose est le résultat de l’union d’elle-même et de son opposé”. Pour le dire courtement, l’éveil spirituel authentique ne peut pas consister à anéantir une partie de l’être en soi – fut-elle “factice” – mais plutôt à reconnaitre et accueillir cet aspect de soi comme faisant partie d’un tout indissociable.

Ce faisant, le processus d’intégration des parties – par l’engagement personnel dans un processus quotidien de changement spirituel – produira l’union indispensable à la véritable paix intérieure. Car l’amour de soi inconditionnel et véritable, accueille toutes les polarités de l’incarnation. C’est une définition de l’éveil spirituel.

Revenir à l’état sauvage… C’est-à-dire ?

La fuite – des relations, de la civilisation ou d’une partie de soi-même – risque donc toujours d’être une motivation aux résultats très incertains sur le chemin de l’éveil spirituel authentique. Alors, comment peut-on “revenir à l’état sauvage”, comme le prône le héros ?

Si revenir à cet état consiste à ne plus subir aucune contrainte, aucune règle imposée de l’extérieur, alors je pense qu’on nage dans la douce utopie : la vie sauvage répond en effet à des règles de survie qui sont imposées par l’espèce à laquelle tout animal appartient : naitre puma sauvage ou caribou sauvage impose, pour survivre, de subir des contraintes imposées par le milieu ambiant. Sinon, on meurt de faim ou on se fait dévorer. Ce sont les règles imposées par la Nature et par l’espèce. Il est donc clair, pour moi, qu’aucune forme de vie n’existe sans contraintes.

En même temps, à la différence des pumas ou des caribous, chaque être humain a la possibilité – une fois devenu autonome – de choisir comment survivre au-delà des conditionnements de sa propre espèce. C’est notre privilège en tant qu’humains, notre force et notre talon d’Achille. Cette force nous permet d’accomplir des choses qu’aucune autre espèce terrestre ne semble avoir jamais faites. Et en même temps, c’est notre faiblesse qui nous pousse à bouleverser tous les équilibres naturels autour de nous, au risque de nous anéantir nous-mêmes. Quoiqu’il en soit, c’est peut-être cela LA liberté suprême : CHOISIR SES CONTRAINTES. Et je ne parle pas ici uniquement des contraintes extérieures mais aussi de celles, intérieures, qui sont à la source de tous nos conflits et de toutes ces guerres que nous menons contre nous-même, parfois sans même le savoir.

L’Homme sauvage n’existe pratiquement plus. Après avoir dominé son environnement, il est aujourd’hui généralement dominé par celui-ci, par les systèmes qu’il a lui-même créé : système de croyances, systèmes économiques, systèmes technologiques, etc. Revenir à l’état sauvage c’est donc, pour moi, apprendre à me distancier de mes “systèmes”, de mes conditionnements externes et internes, de mes habitudes, mes routines, mes automatismes, mes emmerdes… 😀 Comment ? En observant en pleine conscience, à chacune de mes assises quotidiennes, comment la dualité et l’impermanence traversent toute mon expérience du moment présent. 😉 Nul besoin, en fait, de tout quitter ou de m’isoler en pleine nature pour vivre une expérience profonde et transformatrice. Je sais aujourd’hui que, là où je me trouve, il me suffit de m’asseoir et de pratiquer l’observation attentive de ce qui se produit en moi, ici et maintenant, sans jugement. C’est aussi cela que la #Mindfulness me permet d’expérimenter sur le chemin de l’éveil spirituel.

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Monsieur Mindfulness

Jean-Marc Terrel anime des conférences, ateliers, stages, programmes MBSR et retraites de méditation pleine conscience en France et à l'étranger. C'est l'un des principaux acteurs de la discipline en France et dans la francophonie avec plus de 135.000 abonné•e•s (en décembre 2017) sur les réseaux sociaux. Coach professionnel certifié, psychopraticien en gestion du stress, formateur en PNL et instructeur MBSR en cours de certification, il mêle savoir-être et savoir faire avec douceur et bienveillance afin de créer un cadre propice au changement et à la connaissance de soi, dans le
respect des croyances de chacun.
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